Pertinence de l'action

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Tandis qu’une crise multidimensionnelle affecte nos sociétés, ces aires de contrastes de niveau de vie et terres de migrations que sont les zones transfrontalières cristallisent les risques de conflits d’ordre culturel, religieux ou socioéconomique et se révèlent plus à risque que jamais. En particulier, la région méditerranéenne, aire de gravitation européenne, revêt une dimension stratégique en tant qu’épicentre de la stabilité en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

 

Or, en dépit d’une grande unité historique et naturelle, cette région révèle une réalité extrêmement contrastée, faite d’inégalités de développement économique et humain et de disparités marquées en termes de qualité des services, de protection des droits, d’inclusion sociale et d’accès aux nouvelles technologies.

Selon le rapport du PNUD sur le Développement Humain 2004, l’IDH s’élève en moyenne à 0,816 pour la région méditerranéenne : la rive Nord enregistre un indice de 0,901 contre seulement 0,754 pour la rive Sud. Les disparités se retrouvent non seulement entre Nord et Sud, mais également au sein du Sud: l’IDH au Maroc est de seulement 0,640, contre 0,927 en Israël[1]. L’ensemble des pays arabes sont par ailleurs relégués entre le 78ème et le 123ème poste du classement mondial. Sur le plan économique, le PIB, supérieur à 20000 dollars par habitant et par an pour l’Italie et la France, varie entre 5000 et 8000 dollars pour le Liban ou la Tunisie et est inférieur à 4000 dollars pour le Maroc et l’Egypte.

 

Comme cela a été souligné par la réalisation du programme d’actions « Agenda 21 », en cours actuellement en Tunisie ou au Maroc, une des clés stratégiques du développement durable réside dans la capacité de connexion entre les institutions locales et les ONG méditerranéennes et la possibilité d’utiliser des stratégies communes de développement local. Pour cela, il est essentiel de disposer d’une capacité de mise en réseau dans une optique de coopération Nord-Sud/Sud-Sud, qu’elle soit décentralisée ou multilatérale, gouvernementale ou non, afin de relier les deux rives de la Méditerranée dans un dialogue interculturel autour de la planification stratégique régionale.

 

Pour déterminer les conditions d’une stabilité régionale, mais également afin de produire des scenarii régionaux homogènes de développement économique et de croissance socioculturelle, le projet MEDITER – Women for Change entend donc consolider les potentialités des AL et des autres acteurs locaux. Une clé stratégique de développement durable s’inscrit en effet dans la capacité de connexion entre les institutions locales et les ONG, afin de favoriser une planification stratégique régionale concertée; pour ce faire, les bénéficiaires intermédiaires du projet proviennent chacun de ces secteurs[2]. Afin d’assurer un développement régional équilibré, partagé et durable, les possibilités de connexion et d’accès devront être garanties pour tous les acteurs, sans discrimination de genre, de race ou de culture.

 

Par ailleurs, renforcer le rôle de la femme dans la société méditerranéenne s’avère une nécessité communément reconnue, bien que cette problématique demeure non encore résolue. La Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women (CEDAW) date de 1979; depuis lors, entre autres initiatives, notons la Cairo Declaration issued by the First Arab Women's Summit (2000), The Arab Women's Organization Plan of action (2001), the Commission on the Status of Women at its 49th session (Beijing +10, en 2005). Bien que certaines améliorations aient été constatées au cours des dernières décennies, surtout au niveau de la sensibilisation publique contre les préjugés sexistes, concrètement il faut convenir que le chemin vers une parité effective reste encore long[3]. A l’occasion de la conférence ministérielle d’Istanbul en 2006, certaines problématiques clé ont été mises en évidence: promouvoir la participation active des femmes dans le cadre de la prise de décision, assurer les mêmes opportunités d’accès au travail, renforcer les capacités publiques de recueillir et d’analyser régulièrement les données sur la question de genre et garantir une formation féminine adéquate jusqu’au niveau de la prise de décision. Depuis, ces problématiques restent malheureusement encore d’actualité. Dans son rapport Monitoring the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women, Trois décennies après l’adoption de la CEDAW, l’ONU observe au Liban et en Tunisie une baisse caractérisée de la présence des femmes dans les instances dirigeantes de haut niveau. Des observations similaires peuvent être également faites pour les autres états en Méditerranée méridionale. S’il est vrai que le niveau d’éducation des femmes du sud méditerranéen s’est amélioré au cours des dernières décennies (au Liban, Maroc et Turquie, etc[4]) il faut convenir du fait que cela n’affecte que l’éducation de base, quand la formation de haut niveau (universitaire et postuniversitaire) reste encore nettement insuffisante. Avec pour conséquence que les femmes accèdent difficilement aux postes de direction et, si elles y accèdent, elles seront confrontées aux carences techniques.

Pour les 43 Pays de l'EuroMed, le pourcentage des femmes enseignantes dans les écoles primaires est en augmentation, alors qu’au niveau de la haute formation, professeurs et étudiants continuent d’être principalement des hommes[5]. L'enseignement reste le secteur qui emploie le plus grand nombre de femmes (ex. en Tunisie, les 2.2% des femmes sont enseignantes et seulement 0.4% de celles-ci font partie des instances de direction[6]).

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        Le projet MEDITER – Women for Change se propose donc de favoriser l'accès et le rôle des femmes dans le leadership local afin d’utiliser un potentiel d’innovation et des compétences jusque que là sous-exprimés.

 

Pertinance de l’action par rapport aux besoins et contraintes de la région cible et des bénéficiaires

Le projet présente une dimension régionale et encourage le développement des relations entre Autorités Locales au niveau sous-régional afin de surmonter la fragilité individuelle de chaque acteur local et de proposer des modèles d'interaction entre acteurs locaux à l'échelon local et régional. Le développement de nouveaux espaces de citoyenneté active pour les Autorités Locales appelle en effet la mise en relation des acteurs locaux publics et privés dans le cadre des processus de développement local et de la définition des stratégies de gestion.

En même temps, le projet vise ainsi à l'application du principe de subsidiarité et de concertation entre acteurs du développement local et donc les processus de subrogation et de délégation de certains services et de quelques activités de gestion ou de mise en œuvre. Pour un développement concerté des communautés locales, seront inclues non seulement les femmes engagées dans les AL, mais aussi les femmes employées dans les ONG, les associations et le volontariat, en tant que bénéficiaires du projet. En effet, le secteur associatif est en expansion rapide (huitième secteur d’activité dans l’économie mondiale avec 19 millions d’employés, 4,8% de l’emploi global), mais n’est pas toujours structuré de manière adéquate. 

Pour l'ensemble des acteurs locaux, il est donc nécessaire de faciliter et soutenir l’accès à la formation et à l’information, lequel représente le premier pas  en vue d’obtenir les moyens financiers adéquats et de meilleures capacités opérationnelles.

 

Avec l’acquisition des qualifications requises et nécessaires, les femmes actives au sein de ces institutions pourront proposer des solutions innovantes et affronter au mieux les problématiques régionales telles que l’explosion urbaine et la croissance démographique qui multiplient la demande des services et, en conséquence, la nécessité d’avoir sur le terrain des acteurs locaux qualifiés, qu’ils soient hommes ou femmes, intégrés dans le réseau.

 

Il s’agit donc de développer indirectement, par le biais du renforcement des compétences et de la mise en réseau des femmes détenant un rôle de leadership en Méditerranée, une approche systémique par laquelle les Autorités Locales et les ONG pourront échanger sur l’élaboration de projets, la planification stratégique dans la gestion des services et favoriser, toujours sous impulsion féminine, la synergie entre les divers acteurs locaux.  La coopération et l'échange de bonnes pratiques ainsi encouragés contribueront à une stabilisation des relations transfrontalières.


Pertinence par rapport aux objectifs de l'appel

 

Le projet présente un caractère régional et a pour objectif la réduction de la pauvreté en intervenant sur le potentiel stratégique des communautés locales pour le développement, à travers une approche participative. Les orientations de la Plateforme de Beijing pour la promotion de l’égalité des genres (en particulier les objectifs stratégiques G1 et G2) et es objectifs internationaux « Millenium Development Goals » # 3 et 8, concernant respectivement l’autonomisation des femmes et l’exigence d’un partenariat mondial pour le développement, se traduiront par la promotion des leaderships féminins et la mise en réseau d’acteurs clés du développement local et régional. La participation directe des acteurs locaux à tous les niveaux du développement sera justement renforcée par le processus d’adaptation des compétences (formation) des opérateurs publics ou des ceux provenant des ONG.

 

Ainsi, conformément aux objectifs énoncés, le présent projet se propose de :

  • ·Améliorer les capacités des acteurs non-gouvernementaux et autorités locales de l’aire méditerranéenne afin d’accroitre la participation, en particulier des femmes, aux processus de décisions locaux, nationaux, européens et internationaux, à travers une meilleure connaissance des programmes et projets de l’UE et des organisations internationales agissant sur le développement du territoire et la qualité de vie ;
  • ·Améliorer les connexions, partenariats et la mise en réseau de ces acteurs par la mise en place d’un Réseau d’appui technique et de formation qui promeuve les échanges Nord-Sud, Sud-Sud, Sud-Nord. Ce réseau, en synergie avec d’autres forums méditerranéens, permettra de capitaliser les expériences et les relations déjà consolidées;
  • ·Encourager la recherche et la diffusion de solutions innovantes pour la planification du développement territorial, et qui permette une gestion intégrée des services ;
  • ·Renforcer la coopération et les partenariats stratégiques entre acteurs locaux publics et associatifs grâce à une formation commune et l’échange permanent, favorisant le principe de subsidiarité ;

Faciliter les échanges d’expériences et de bonnes pratiques, et les cas d’excellence décelés dans la région afin de permettre, malgré la diversité des réalités locales, une méthodologie commune dans la planification stratégique du développement local, pour un rôle accru et une participation véritable des AL dans les processus de décentralisation en cours dans les pays partenaires.



[1]              UN HDI 2004

[2]              Comme il a été souligné également dans le programme d’action  “Agenda 21" et dans les observations de  ONU sur le Liban Monitoring the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women.

[3]              Selon les données rapportées par l’étude périodique sur la représentativité médiatique féminine "Global Media Monitoring Project - Who makes the News?". http://www.whomakesthenews.org

[4]              Selon les données rapportées dans le Monitoring the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women

[5]              "Culture and Communication Key factors for Changing Mentalities and Societies", Anna Lindh Euro-Mediterranean Foundation for the Dialogue between Cultures for the 2006 Euro-Mediterranean Ministerial Conference on 3Equality of Oppotunities".

[6]              ILO Yearbook of labour Statistics

Version arabe

Le réseau Mediter est conscient de l'importance de communiquer à un large public au sein de la région euro-méditerranéenne. C'est pourquoi une version arabe de ce site web est en cours d'élaboration. Elle sera bientôt prête et diffusera la connaissance entre tous les partenaires.

Editorial

Editorial 

par

Editorial par Victor Matteucci


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